Histoire

C’est en 2005, à Limoges, que débute l’aventure Tripnity.

Jérôme Boudot, fondateur de la société, réunit alors autour de lui une petite équipe de collaborateurs pour construire un web plus humain. De ce souhait naîtront au fil des années plusieurs services en ligne. Certains rencontreront plus de succès que d’autres mais tous auront à coeur de créer de la connexion entre les hommes et les femmes.

Dilelui, un flirt avec le succès

En 2005, Tripnity lance le service Dilelui, plateforme de petites annonces géolocalisées pour retrouver un coup de foudre à qui on n’a pas osé déclarer sa flamme.

Parti d’une expérience vécue, le canal digital est simplement utilisé comme un moyen pour se raconter et se donner les chances d’une belle rencontre. Le service rencontre un vrai succès médiatique et, malgré plus de 140 000 utilisateurs en France, ne trouve pas son modèle économique.

Néanmoins, Dilelui permet à Tripnity de se faire connaître auprès de grands comptes et de leur proposer une plateforme de mise en relation de voyageurs – en marque blanche – afin de recréer du lien social dans les transports qui en manquaient déjà à l’époque. Parmi les partenaires qui nous ferons confiance dès 2006 iDTGV avec le service iDTGV and co, Thalys avec Thalyseo en 2007, Air France avec Bluenity en 2008 puis enfin la SDM avec matraversée en 2009.

Cette expérience permet à toutes ces marques de se faire une première expérience des « réseaux sociaux », des communautés et d’adopter une nouvelle approche de communication avec leurs usagers. Tous ces services prendront fin en 2010.

Bien que la valeur en terme de communication soit forte, la valeur d’usage est moindre car nécessite un gros travail d’évangélisation alors que les géants comme MySpace, Facebook et Second Life n’en sont qu’à leurs débuts.

Tweegg, rendez-vous manqué

Début 2011, Tripnity lance Tweegg, un réseau social d’entreprise, avec un double objectif.

Le premier, recréer du lien entre les employés des grandes entreprises en mettant en avant leur singularité, leurs qualités, leurs compétences.

Le second, fluidifier les échanges entre collaborateurs (qui reposent principalement sur l’email) et donc réduire le stress d’une information non catégorisée en capitalisant sur le travail en groupe projet.

S’appuyant en partie sur les codes de Twitter, le réseau convaincra quelques entreprises mais a raté le momentum. Le marché est déjà appréhendé par de nombreux acteurs avec des capacités financières et opérationnelles supérieures. Le développement est rapidement arrêté même si le service sera maintenu quelques années supplémentaires.

L’aventure Iconosquare

La génèse

Alors que les réseaux sociaux se multiplient et que certains comme Facebook, Twitter, Weibo ou Reddit connaissent déjà un franc succès, Tripnity s’intéresse de près à un petit nouveau très prometteur – Instagram.

Lancée un an plus tôt, en 2010, l’application Instagram a déjà conquis plus d’1 million d’utilisateurs et se démarque de la concurrence par son minimalisme et son esthétisme. Le réseau se veut essentiellement visuel et intègre nativement des filtres permettant d’apporter des effets aux photos, de quoi plaire au plus grand nombre. Cependant quelques manques se font sentir chez les utilisateurs de la première heure et laisse entrevoir quelques opportunités :

  • le réseau ne propose aucune statistique permettant d’évaluer la performance des publications et de suivre la croissance des comptes;
  • le réseau est uniquement disponible sur mobile (application) mais pas sur desktop.

C’est ainsi qu’en 2011, forte de son expérience râtée avec le time-to-market de Tweegg, l’équipe décide de développer rapidement un service nommé Statigram.

En seulement 5 jours le service est mis en ligne, il s’agit d’une simple page web proposant des statistiques simples sur l’évolution du nombre d’abonnés, le nombre de likes reçus, etc. Une semaine plus tard l’outil compte plus de 20 000 utilisateurs et confirme son potentiel, l’équipe décide donc de se consacrer principalement à celui-ci.

L’aventure démarre.

La montée en puissance

Dans les mois qui suivent, de nouvelles fonctionnalités clés sont implémentées (consulter son feed directement sur le site, commenter et liker, contacter d’autres utilisateurs, un moteur de recherche) et de nouvelles statistiques ajoutées. À l’image d’Instagram, le nombre d’utilisateurs grimpe en flèche et Statigram commence à accueillir des comptes professionnels (marques, célébrités, …). Se pose donc la question de la rentabilité car l’outil engendre des coûts non négligeables et l’équipe a besoin de s’étoffer.

Soucieuse de sa liberté et de son avenir, Tripnity se refusera à lever des fonds et autofinancera son développement au travers de plusieurs leviers :

  • la publicité sur la plateforme en diffusant des contenus natifs et des vidéos sponsorisées (display);
  • un module de concours photo permettant aux marques et aux agences de collecter, modérer, valoriser et analyser leurs campagnes;
  • la commercialisation d’études sur les tendances Instagram.

En 2013, l’équipe se renforce et le service atteint les 5M d’utilisateurs enregistrés et une moyenne de 12M de pages vues par jour, se positionnant ainsi dans le top 500 des sites les plus visités dans le monde.  La fin d’année 2013 sera particulière intense pour Statigram grâce à la campagne ultra-virale #memostatigram qui attirera 2.2M de nouveaux utilisateurs en 14 jours et génèrera près de 170k publications sur le hashtag.

Un boost de visibilité qui permettra de franchir un nouveau palier.

Statigram devient Iconosquare

En 2014, les nouvelles conditions d’utilisation d’Instagram pour les applications tierces obligeront la société à renommer Statigram. C’est ainsi que la plateforme devient Iconosquare, un coup dur car la marque était bien établie et la notoriété forte. Mais ceci n’affectera pas les performances du service qui continue sa croissance.

Un second challenge d’ampleur viendra pimenter l’année – Instagram décide d’implémenter son propre système publicitaire et contraint donc les mêmes applications tierces à ne plus vendre de la publicité grâce à son contenu dès 2016, afin d’éviter toute cannibalisation. Une décision qui remet donc en cause une partie importante du modèle économique de Tripnity d’autant que les concours photos n’ont plus vraiment la cote.

La décision est prise – Iconosquare passera donc sur un modèle de souscriptions dit SaaS (Software as a Service) à destination des grands comptes, la plateforme gratuite sera fermée. La stratégie est donc de travailler rapidement à cette transition pour gagner en sérénité dès 2015.

L’échec

Pendant près d’un an, l’équipe va travailler d’arrache-pied pour refondre et professionaliser la plateforme car la base technologique n’a pas très bien vieilli et n’est pas à la hauteur d’un service payant. En avril 2015, un an avant la deadline fixée par Instagram, Tripnity décide donc de fermer la version gratuite d’Iconosquare pour lancer sa version payante auprès de grands comptes.

Ce lancement s’avère être un désastre pour plusieurs raisons :

  • une mauvaise stratégie initiale : en migrant d’une plateforme gratuite à une plateforme payante (199$ par mois minimum) nous avons mis à la porte 99,99% de nos 13M d’utilisateurs du jour au lendemain. Il est donc compréhensible que ces utilisateurs se soient sentis trahis et l’aient fait savoir sur les réseaux sociaux, entraînant un bad buzz incroyable poussant même les grands comptes à ne finalement pas pouvoir souscrire à notre nouvelle plateforme.
  • une nouvelle plateforme pas à la hauteur : les quelques grands comptes prêts à nous faire confiance se retrouvaient confrontés à des problèmes techniques majeurs les empêchant d’utiliser le service correctement.
  • une équipe désolidarisée : les méthodes de travail, la communication, la qualité de vie au travail…tout autant de sujets qui ont été négligés sous la contrainte imposée par ce lancement.  Une pression qui a poussé une partie de l’équipe à se démotiver et se détacher du projet.

Après quelques jours la société ne génère quasiment plus de revenus et se doit alors de réagir avant de franchir un point de non retour.

La résurrection

En temps de crise, Tripnity va savoir tirer les leçons de cet échec et rebondir rapidement en prenant de nouvelles décisions stratégiques :

  • une communication transparente : très vite Tripnity va communiquer autour de son erreur auprès de ses utilisateurs et s’excuser. Une attitude assez rare pour une entreprise qui lui permettra de regagner la confiance de la communauté.
  • retour à la version gratuite d’Iconosquare : très vite la nouvelle plateforme est écartée pour remettre en ligne la version gratuite, fonctionnelle, et permettant le retour des utilisateurs.
  • nouvelle stratégie marketing : consciente qu’il sera difficile de s’attaquer uniquement aux grands comptes, la société opte pour une stratégie downmarket avec pour objectif de monter en gamme étape par étape. Pour cela elle commence avec un plan à 1$, accessible au plus grand nombre et conserve une version gratuite.
  • nouvelle refonte : la version développée entre 2014 et 2015 est mise à la poubelle. Un nouveau projet voit le jour avec pour objectif un lancement un an plus tard en 2016 (date butoir fixée par Instagram)
  • focus sur l’équipe : les process, la communication, le bien-être au travail sont replacés au coeur du projet afin de construire une équipe soudée.

Ces choix portent rapidement leurs fruits puisqu’en moins d’un mois Iconosquare convainc plus de 40 000 clients tout en continuant à satisfaire des utilisateurs gratuits.

En parallèle l’équipe se réorganise opérationnellement et met en place de nouvelles méthodes de travail et de communication.

C’est le 1er juin 2016 que la version officielle d’Iconosquare verra le jour, sans accroc cette fois puisque la migration s’est faite en douceur pendant 12 mois et que les clients sont au rendez-vous. Quelques mois plus tard la plateforme obtiendra le statut de partenaire officiel d’Instagram.

Décollage

À partir de là tout va s’enchaîner, le produit va connaître une ascension fulgurante au cours des années suivantes. L’équipe va s’étoffer au fur et à mesure avec le recrutement de divers profils permettant de professionaliser toujours plus l’outil et d’attirer des clients de plus en plus important tels que Patagonia, National Geographic, L’Oréal, Premier League et d’autres.

En 2017, afin de diversifier l’équipe et d’accentuer son ouverture à l’international, Tripnity ouvre un bureau à Berlin en complément de son siège limougeaud. Ce bureau accueille une dizaine de collaborateurs autour des métiers de la vente, du marketing et du support client.

Entre 2018 et 2020 le service se diversifie et intègre de nouveau réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou même TikTok.

Aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs s’emploient à améliorer la plateforme Iconosquare qui génère l’intégralité des revenus de Tripnity.

En quête de sens

Depuis 2015 et le constat fait sur le bien-être de l’équipe, la société a pris à coeur de bâtir un modèle d’entreprise différent. Une entreprise avec des valeurs fortes, qui placerait le respect des personnes et de la planète au coeur de ses préoccupations, une entreprise bienveillante qui aurait à coeur de faire sa part.

Consciente que le produit Iconosquare ne répondait pas forcément à ces ambitions, l’entreprise a fait le choix de s’appuyer sur les ressources qu’il génère pour accompagner d’autres projets et a entrepris plusieurs chantiers :

  • Aligner son produit Iconosquare avec ses valeurs.
  • Développer de nouveaux services numériques alignés avec ses convictions – Carebon.
  • Accompagner des éco-projets à impact – Geneseas.
  • Porter haut et fort ses convictions pour inspirer d’autres entreprises à faire de même.

Fin 2020 Tripnity lance l’appel à projets « Innovation pour la Planète » et alloue un budget de 500 000€ (10% de son CA) pour financer des projets à impact en (pré)amorçage ou changement d’échelle dans les territoires. En savoir plus.